Poème fête des Mères

En ce beau jour, maman, je voudrais que tu ries

Que tu n’aies aucune peine, que tu oublies

Toutes les misères que ton garçon t’a faites

Et dont il te demande pardon, pour ta fête.

Je voudrais aussi te promettre

D’être plus sage, de devenir

Meilleur aussi, mais c’est peut-être

Par trop engager l’avenir.

Aussi permets-moi seulement

De t’offrir cent baisers, maman,

Que j’aime plus que tout au monde

Même et surtout quand tu me grondes.

Maurice Normand, 20 mai 1959

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A GEOFFROY, notre petit-fils

Serait-ce au cours d’une balade dans la lande

Que ton cœur excité a battu pour l’Irlande

Ou qu’à bord d’un vaisseau, sur la mer en furie,

Vos mains se jointes pour faire ami-ami;

Et qu’à ce moment-là, oubliant la tempête,

Vos cœurs aient vibré d’un désir d’affection

Qui ressemble à l’amour, envahit votre tête ?

Ce sera désormais ton unique passion:

Savourer près d’Ethel la ballade irlandaise;

Nous sommes ravis de ce choix, à Dieu ne plaise:

Nous vous souhaitons une vie longue et heureuse

Acceptez de nous deux nos bises chaleureuses.

Patou et Manou, le 27 mars 2011

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Juin 1940

Unique défenseur de la ville de Vannes

Muré dans mon vieux char à demi enterré,

Je voyais défiler la triste caravane

Des Français de l’exode sous mes yeux atterrés.

Pas d’Allemands en vue ; où était le danger ?

J’attendis plus d’une heure avant de constater

La percée de motards écartant ces piétons

Terrorisés par l’apparition des Teutons.

Témoin de ce remue-ménage,

Bien abrité par le blindage,

Je commençais à supposer

Que nos villes étaient ouvertes :

Une quittance de loyer

Put convaincre mes geôliers.

Bizarrement je fus gagnant

De ce curieux affrontement

Où ne furent échangées

Que des paroles sans danger.

Je serai donc prisonnier

Mais m’en irai d’un pas alerte

Libéré parce que Breton

Ce que je ne suis pas, voyons !

Sergent Normand Maurice, chef de char

Poème daté du 3 novembre 2010

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Voie de secours

Votre voix vous abandonnant,

Voua allez voir Monsieur Normand

Dont vous savez qu’il a guéri

L’affection de votre mari.

J’ai pris les mêmes instruments,

Ce sont mes mains, évidemment,

Que j’ai imposées un moment

Sur votre cou, en espérant

Que mon fluide vous pénètre,

Revitalise tout votre être ;

Mon intervention peu banale

A sauvé vos cordes vocales !

Votre voix enfin revenue

Avec un éclair dans les yeux

Firent que vous m’avez rendu

Plus optimiste et plus heureux !

Pour cette joie offerte ainsi

Je vous adresse un grand merci…

Maurice Normand, 9 Août 2004

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Ultime ressource

Mon petit-fils Alban, visiblement inquiet,

Vint un jour me montrer sa main toute bandée :

« C’est hier à la chasse, en ramassant un lièvre

Que je me suis piqué et depuis j’ai la fièvre :

Demain le chirurgien doit inciser la gaine

Du tendon infecté : ça m’ennuie, ça me peine :

Alors, je viens te voir espérant que tes mains

Eloigneront ce mal : est-ce trop demander ?

- Mon petit, je veux bien, mais je ne promets rien ! »

Que croyez-vous qu’il arriva le lendemain ?

Mon garçon présenta sa main au chirurgien

Qui n’en revenait pas de la voir désenflée.

Il m’arrive parfois de telles réussites :

J’en rends grâce à la main du Dieu qui nous habite.

Maurice Normand, 21 mars 2001

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Larmes épuisées

Je ne peux plus pleurer lorsque j’ai du chagrin ;

Suis-je donc insensible aux souffrances d’autrui ?

Surtout ne le croyez pas car la douleur m’étreint

Autant que si mes yeux inondaient mon visage,

Mais il n’y a plus d’eau dans le fond de mon puits ;

Jamais aucune larme n’humecte ma paupière,

J’en accuse les ans, j’en accuse mon âge

Me privant de verser quelques larmes amères.

Acceptons-en l’augure, acceptons-en le prix :

Le flot ne coule plus quand la source est tarie ;

Je ne me noierai pas dans la vallée des larmes ;

Pourtant ce destin-là ne manquait pas de charme !

Maurice Normand, 19 janvier 2005

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Abandon

Le poète a clos sa maison

Peut-être a-t-il perdu raison ?

Tout ce qu’il avait de meilleur

Il l’a offert à ses lecteurs.

Et maintenant, fini le rêve :

Je crains que ma vie ne s’achève

Dans une vaine inquiétude ;

Les derniers pas sont les plus rudes…

Maurice Normand, 24 février 2004


Il l’a offert à ses lecteurs.

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26 juin 2004, jour de Victoire

Nous attendions fébrilement

Ta naissance en ville du Mans.

Au jour promis tu es venue,

Nous apparaissant toute nue,

Pour bien prouver à ta famille

Que tu étais  petite fille :

Ce fut ta première victoire

Que cette arrivée sans histoire

Dans le cocon de tes parents,

Emmanuelle autant qu’Alban,

Ont avec amour préparé.

Tu es belle et resplendissante ;

On achèterait ta santé ;

Fais en sorte de la garder,

Le long d’une vie exaltante

Que je te prédis sans tarder.

Patou, 9 Août 2004

Poème de Maurice Normand


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Rêve maternel

Manou, plongée dans son tricot,

Maille à l’endroit, maille à l’envers,

Parfois adresse quelques mots

A son mari qui lit des vers.

Elle lui parle de ses projets,

De son grand besoin d’affection

« Je veux deux bébés à langer ».

Il l’écoute avec attention :

- Pourquoi deux, tu es trop gourmande ?

Je reconnais là la Normande !

Tu as vraiment trop d’appétit

Un seul, pour nous deux,  ça suffit.

- Si je les commande aujourd’hui,

Je promets d’en payer le prix

Aux petits-fils que je chéris

Qui trouveront bien dans leur lit

La mère porteuse acceptant

De leur concocter deux enfants !

Je préférerais des garçons

George Sand dirait des bessons :

C’est pourquoi je tricotte en bleu

Quatre petits chaussons, pas deux,

Pour nos arrière petits-fils

Qui naîtront à la Saint Maurice :

C’est l’automne à ce moment-là

Où brillent les premiers frimas.

Je ne voudrais pas qu’ils aient froid

Par ma faute, ma faute à moi !

Je n’ai plus loisirs de rêver

Si je veux à temps arriver

Pour chausser les petits petons

De nos adorables fistons.

« Manou, c’est bien joli, ce rêve,

- Poursuis-le, poursuis-le sans trêve ;

Je crois au miracle et espère

Te voir très bientôt grand grand-mère ! »

Maurice Normand, 16 octobre 2003

Ce poème était une fable ;

Il est devenu prédiction

Depuis qu’Alban, en confession,

Nous dit qu’Emmanuelle attendait

Ce que tout le monde espérait.

Comment as-tu fait pour percer

A jour notre intime secret ?

-Je ne suis pas Nostradamus

Ça m’amuse, ni moins, ni plus.

Manou applaudit la nouvelle

Même si ce sont des jumelles !

7 janvier 2004


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Rouspétances

Pour ce passage à l’an deux mille,

J’ai choisi un caleçon gris,

Couleur du ciel et de la ville

Blessée par le vent et la pluie.

C’est pourquoi j’ai l’âme chagrine.

« Tu aurais dû prendre un slip rose,

Me disent mes deux orphelines

Que je vais cacher dans la chose.

 » D’habitude notre prison

Est plus claire et plus confortable :

On ne comprend pas tes raisons

De nous punir comme  coupables !

« Te rappelles-tu ces jours ivres

Où tu nous laissais à l’air, vivre,

Caresser la soie, la dentelle,

Quand tu te pavanais près d’elles ?

« Maintenant on est inutiles.

Même la fermeture éclair,

Censée nous donner un peu d’air,

Parfois nous pince et nous épile !

- C’est bien vrai que je vous oublie !

Pour mon pardon, billes chéries,

Je vais m’inscrire sur la liste

D’adhérents au club naturiste.

Ainsi pourrez-vous, mes belles,

Tintinnabuler dans les cours,

Pour avertir la clientèle

Que la bourse a ouvert ses cours !

L’âge venant, vous deviendrez

Deux petites pommes reinettes,

Trop dures pour accompagner

Rognons de coq en cassolette !

Maurice Normand, janvier 2000

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