Mauvais calcul

Je venais à peine de mettre pied sur l’île
Qu’un de mes bons voisins, un homme bien tranquille,
Vint se confier à moi. Il dit:”C’est ridicule,
Depuis deux mois je souffre d’un méchant calcul

Qui se trouve coincé entre rein et vessie.
Le docteur a prévu toute une thérapie
Pour calmer la douleur quand il voyagera;
Il me ronge le corps comme ferait un rat!

Il savait que je pouvais atténuer certains maux,
Quelque zona par ci et par là lumbago,
Mais son problème à lui dépassait mon pouvoir;
Je ne lui promis rien et dis: “On va bien voir!”

Il se prêta d’emblée aux passes magnétiques
Que je fis sur son ventre et sur le corps entier
En lui recommandant de me recontacter
Deux ou trois jours après. J’étais énigmatique.

Je le revois encor et j’en tombai assis,
A la date prévue, portant sur un buvard
L’objet de son malheur qu’il avait par hasard
Libéré sans souffrance en vidant sa vessie

Comment avais-je fait? -Au fond, je n’en sais rien.
Je crois qu’un bon fluide émane de mes mains.
Ce jour-là j’assistai à un petit miracle.
Je ne suis pas sorcier et ne fais pas d’oracles

Mais reste persuadé, en tout bien tout honneur,
Que ma démarche est bonne et réchauffe le coeur,
Celui de mon patient et peut-être le mien.
C’est un soulagement que d’aider son prochain!
18 Mars 1998

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NOCES DE PLATINE de Marcelle et Maurice

1938-2008

Il y a soixante-dix ans

Le maire du 7 e à Paris

Nous mariait sous les lambris

Marcelle et moi, deux cœurs battants.

Je dois rendre grâce au curé

Qui le lendemain espérait

Qu’il pleuve durant sa messe

Cadeau du Ciel, belle promesse !

Elle tomba en abondance

Et nous offrit en récompense

Un avenir de qualité

Sauf une croix lourde à porter.

Mais nous étions deux à souffrir ;

Quand on s’aime il faut partager

Les peines ainsi que les rires :

Le fardeau s’en trouve allégé.

Notre mémoire, jour après jour,

Efface petit à petit

Les deuils, soucis et maladies

Mais il reste beaucoup d’amour

C’est le moteur de notre vie.

Le Mans  le 1 er décembre 2008

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Hommage au capitaine Mignotte

Que peut un char léger français

Face à un char lourd allemand ?

Peu de choses certainement :

Vous en êtes d’accord, pas vrai ?

Alors vous aimerez sans peine,

L’odyssée de mon capitaine

A bord de son char FCM

Un engin pour lui sans problème,

Agressé par des chars Panther,

Premier conflit de cette guerre

Que j’ai traversée sans dommage,

Mais revenons-en au reportage :

Le capitaine à sa lunette,

Derrière un canon de 37,

Echappa à l(obus sauvage

Qui perfora tout le blindage,

En tuant le mécanicien.

Il était son meilleur copain.

Son officier, malgré les balles,

Sort le corps chaud et puis l’installe

Sur l’herbe fraîche de l’été :

« Cher ami, je dois te quitter ».

Une caresse sur le front,

Geste d’amour, pas d’abandon.

Il remonte avec l’intention

D’épuiser ses munitions

Qui ricochent sur le blindage

Du monstre qui va l’achever :

Il en est sûr, faut pas rêver !

Ainsi nomme-t-on le courage.

Mais un miracle est sous pression :

Subitement une explosion

Anéantit le char Panther

Et son équipage en entier,

Dont le colonel commandant

Tout le bataillon allemand.

Un nouveau miracle s’abat :

Chez l’ennemi, un ordre tombe,

D’aussitôt cesser le combat,

Geste indicible mais humain

De ces combattants d’Outre-Rhin,

En hommage à leur chef suprême

Comme à un parent que l’on aime.

Mon capitaine en fut sauvé :

Il sortit stressé de sa tombe

Conscient de n’avoir pas rêvé .

Explication :

Le gros char allemand a sauté

Quand un petit obus français

A provoqué des étincelles

Enflammant les vapeurs d’essence

Qui formaient un nuage intense

Dont l’explosion fut si cruelle !

Sergent Maurice Normand  7 éme BCL

en Mai 1940

Le Mans 15 mars 2008

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Bon Anniversaire, ma Chère.

91 Années ! C’est désormais ce nombre

Qui identifiera ton aimable personne,

Comme il marque le département de l’Essonne

Où nous avons vécu un bonheur sans une ombre.

Tu abordes à présent la décennie sublime ;

N’en sois pas chagrinée : je suis derrière toi,

Et tant que nous vivrons bien sous le même toit,

Nous serons sûrs de ne pas tomber dans l’abîme !

Patou,    1er novembre 2006

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L’avenir s’ouvre à nous

J’arrive à l’heure du bilan

Sans avoir vu le temps passer.

Les années se sont entassées

D’un même rythme, même élan

Et, du haut de la pyramide

Où je suis coincé désormais,

Fatigué et n’en pouvant mais,

Je me retourne vers le vide

Pour voir la route parcourue,

Comme la veine qui sinue

Sur la peau sèche de ma main.

Tout au long de ce beau chemin,

On a connu de purs émois

Main dans la main, Marcelle et moi,

Avec des moments enchanteurs,

La naissance d’enfants rieurs,

Apparaissant sous notre toit,

Signe de bonheur et de joie

Comme l’hirondelle au printemps :

C’était en somme, le bon temps !

Aujourd’hui je n’évoquerai

Que ce bonheur de bien s’aimer

En oubliant le temps qui passe,

Oubliant que parfois il lasse !

L’avenir s’ouvre à nous demain :

Soyons heureux jusqu’à la fin !

Maurice Normand, 6 avril 2006

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Soigner, c’est aimer

Je suis heureux d’avoir guéri

De nombreux zonas dans ma vie.

Je n’en tire pas vanité

Mais une certaine fierté.

On dit que c’est un don du Ciel

Que d’éradiquer certains maux

Chez les hommes, les animaux ;

C’est comme un baume au goût de miel

Que m’a transmis bonne maman

Par la voie sacrée de son sang.

Elle guérissait les brûlures

Des paysans de son village

Touchant le mal de leurs blessures :

Elle avait droit à leur hommage.

C’est cela aider son prochain :

Cet amour marqua mon destin.

Mon geste fut toujours gratuit,

Bénévole encor aujourd’hui ;

Il en sera ainsi demain

Si Dieu préserve mes deux mains.

Qu’ elles continuent de servir,

De m’offrir la joie  de guérir

Celle ou celui qui perd l’espoir

De vivre encor quelques beaux soirs !

Maurice Normand 14 février 2006

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Cohabitation pacifique

En ce matin d’avril frisquet

Dame Belette la futée

Cherchait un endroit abrité

Dans les trous du mur d’un chalet

Elle trouva un nid d’oiseaux

Des faucons récemment éclos

Formant une  boule soyeuse

Douce et surtout très chaleureuse.

Belette en aurait fait carnage

Mais elle n’avait besoin

Que de chaleur : en fille sage,

Elle se tapit dans un coin.

L’agréable température

Dans laquelle elle se délectera

Luit fit oublier les tracas

Provoqués par cette aventure.

Comment les parents des faucons

Accepteraient-ils la présence

D’un tel prédateur d’oisillons ?

Attendez la fin de la danse.

Quand la mère se présenta,

Tenant au bec un petit rat,

Elle lâcha sa proie de stupeur

Mais sut bien dominer sa peur ;

Car elle aurait pu, elle aussi,

Eliminer son adversaire ;

C’eut été la mort dans son nid ;

Il était sage de se taire.

C’est ainsi que deux ennemis

Vécurent à la même table

Et couchant dans le même nid :

C’est une aventure incroyable !

Cette histoire n’est pas une fable ;

C’est une image véritable

Qu’une caméra a filmée,

Discrètement, sans déranger.

Les bêtes ont plus de sentiment

Que les hommes probablement

Qui déclenchent souvent des guerres ;

La paix ne les concerne guère !

Maurice Normand, Septembre 2005

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Nonagénaire, bravo !

Sans qu’aucun signe de fatigue ne te gagne,

Te voilà arrivée en haut de la montagne ;

J’ai peiné à te suivre tout au long du chemin :

Trop vite tu montais avec un bel entrain !

Faut-il que je révèle l’âge que tu n’avoues

Que dans les moments gais où ta coupe pétille,

Où tu regrettes l’époque des rendez-vous

Avec moi qui troublai ta vie de jeune fille ?

90 printemps ! Ils n’ont pas émoussé

Ton tonus, ta joie de vivre en bonne santé,

Faisant l’admiration de tes nombreux amis

Et, je dois l’avouer, celle de ton mari.

Il t’a fidèlement suivie

Dans ce périple magnifique

Où tu as embelli sa vie

Grâce à ta présence magique.

Si tout ce temps passé a pu rider nos mains,

Calmer nos pulsions, réduire notre entrain,

Il n’entamera pas ce qu’on a de meilleur,

Cet amour réciproque au tréfonds de nos cœurs :

Il est la lumière au chœur de notre église ;

Nous nous devons de l’entretenir désormais,

Comme on veille sur le muguet du mois de Mai,

Pour que dure longtemps son parfum qui nous grise…

Bonnes Années, ma Chérie      1 – 11 – 2005

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Voyage de rêve

Au fond de ta prunelle, un Eden est caché

Qui m’invite au voyage avant que je m’endorme ;

Le soleil de tes yeux éclaire mon chemin ;

Je ne peux m’égarer : tu me tiens bien la main

Et je n’ai pas envie d’oser la détacher

Avant de parcourir une distance énorme !

Je me console ainsi quand je suis seul la nuit

En pensant à tes yeux ; ils aident mon transport

A travers l’océan, allant de port en port,

Au fil de ton regard que j’aime et que je suis

Pour visiter le monde au gré de ton caprice,

Du haut de mon nuage admirer l’oasis

Où je vais atterrir en étendant les bras

Près du ruisseau qui chante et qui me bercera.

Nous nous allongerons sur le sable des dunes

Pour rêver à nouveau tout au clair de la lune

Après que j’aie mis fin à la belle odyssée

En fermant ta paupière avec un doux baiser !

Quand l’âge ne me permet plus

De partir très loin de ma porte

L’imagination me transporte

En des paradis inconnus.

Maurice Normand, 28 juin  2005

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Assistance

Asseyez-vous là, cher ami,
Sur ma main posée toute nue
Sous vos fesses plutôt charnues .
Peut-être votre psoriasis

Abandonnera la partie
Qu’il agresse depuis des mois,
Qu’il pique comme des orties ?
Soyez confiant et sans émoi :

J’en ai déjà pourchassé d’autres
Certes mieux placés que le vôtre,
Dans le dos ou dans les cheveux,
Sur la main du jeune ou du vieux.

Ca n’a pas toujours réussi,
Mais de tous ceux que j’ai guéris,
Je me souviens des mots touchants,
Des aimables remerciements.

Ces patients ainsi soulagés,
Heureux, m’ont parfois embrassé ;
C’est là ma seule récompense.
Honnis soient ceux qui mal y pensent !

Vous êtes pressés de savoir
Si mon truc de la main aux fesses
A réussi. Je vous confesse
Qu’il a marché. Il faut me croire !

6 novembre 2000

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