Rêve maternel

Manou, plongée dans son tricot,

Maille à l’endroit, maille à l’envers,

Parfois adresse quelques mots

A son mari qui lit des vers.

Elle lui parle de ses projets,

De son grand besoin d’affection

« Je veux deux bébés à langer ».

Il l’écoute avec attention :

- Pourquoi deux, tu es trop gourmande ?

Je reconnais là la Normande !

Tu as vraiment trop d’appétit

Un seul, pour nous deux, ça suffit.

- Si je les commande aujourd’hui,

Je promets d’en payer le prix

Aux petits-fils que je chéris

Qui trouveront bien dans leur lit

La mère porteuse acceptant

De leur concocter deux enfants !

Je préférerais des garçons

George Sand dirait des bessons :

C’est pourquoi je tricote en bleu

Quatre petits chaussons, pas deux,

Pour nos arrière petits-fils

Qui naîtront à la Saint Maurice :



C’est l’automne à ce moment-là

Où brillent les premiers frimas.

Je ne voudrais pas qu’ils aient froid

Par ma faute, ma faute à moi !

Je n’ai plus loisir de rêver

Si je veux à temps arriver

Pour chausser les petits petons

De nos adorables fistons.

« Manou, c’est bien joli, ce rêve,

- Poursuis-le, poursuis-le sans trêve ;

Je crois au miracle et espère

Te voir très bientôt grand grand-mère ! »


16 octobre 2003

Ce poème était une fable ;

Il est devenu prédiction

Depuis qu’Alban, en confession,

Nous dit qu’Emmanuelle attendait

Ce que tout le monde espérait.

Comment as-tu fait pour percer

A jour notre intime secret ?

- Je ne suis pas Nostradamus

Ça m’amuse, ni moins, ni plus.

Manou applaudit la nouvelle

Même si ce sont des jumelles !

7 janvier 2004

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